L’invité du mois : Thibauld Jongen, CEO de Sabca

Thibauld Jongen

Quand on écoute Thibauld Jongen, le premier mot qui s’impose spontanément à l’esprit est « passion ». La passion de son pays – il est un Belge plus que convaincu –, la passion de son métier, la passion des fluides, la passion des mathématiques… CEO de Sabca depuis 2016, où il prône un management basé sur le feeling et la transparence, ce Louvaniste d'origine est passé essentiellement par Safran Aero Boosters, mais également par l’institut von Karman, l’EPFL, la Nasa et… Unilever. Un parcours riche et varié.

Thibauld Jongen se définit étrangement comme un « vrai faux Belge », alors que les propos et le drapeau noir-jaune-rouge qui trône dans son bureau l’aurait dispensé du faux. Notre invité est né à Louvain, où il est revenu vivre « par hasard » après une douzaine d’années passées à l’étranger. Il est vrai que c’est tout jeune qu’il quitte la ville universitaire pour en rejoindre une autre alors en construction, Louvain-la-Neuve. « Je suis wallon et francophone dans le sens où j’ai fait mes études à l’UCLouvain, explique le CEO. Je fréquente des amis des deux côtés de la frontière linguistique. Ma femme est flamande, parfaite bilingue. Mes enfants ne sont malheureusement pas parfaits bilingues et parlent plutôt flamand mais comprennent parfaitement le français. Je me sens enraciné et déraciné à la fois. Un peu victime de l’évolution de la Belgique sans plus trop savoir exactement qui je suis. Je suis un Européen convaincu, un Belge convaincu, mais je ne sais pas à quelle région j’appartiens. J’essaie d’en faire la synthèse. » On comprend mieux... 

Pas étonnant dès lors de voir notre invité vanter le côté belge de son entreprise : « Sabca est une vraie société belge, et pas seulement parce que le B de son nom l’indique. Nous sommes ancrés dans les trois régions, et nous créons de la valeur belge par rapport à l’extérieur de la Belgique. Sans se concentrer sur des querelles intestines ou des jeux ou la somme sera nulle. » Le but est clairement de faire rayonner la Belgique à l’étranger, et non telle ou telle région. D’ailleurs, chez Sabca, chacun parle sa langue. « Je suis francophone, j’ai appris le flamand, et je parle autant que possible la langue de mon interlocuteur. J’ai travaillé pendant six ans aux Pays-Bas en anglais, parce que j’étais un étranger. Mais je trouve dérangeant de parler anglais avec un de mes compatriotes. Dans nos réunions, chacun parle sa langue, mais régulièrement on termine dans une seule langue, souvent le français. »

Pour clore le sujet, Thibauld Jongen avance avec un demi-sourire que « malheureusement, à Bruxelles, je suis vu comme un Wallon ; en Flandre comme un Bruxellois ; et en Wallonie comme un Flamand… Il faut que toutes les entités coordonnent leurs efforts pour faire rayonner la Belgique, c’est ce qui me tient vraiment à cœur… »

Mais revenons sur le parcours de notre CEO. Il arrive donc tout jeune dans une ville également toute jeune, Louvain-la-Neuve. « Je suis un vrai enfant de LLN, qui a joué dans les chantiers, et qui en a gardé énormément de beaux souvenirs. » Et après des études au Lycée Martin V, c’est tout naturellement qu’il entre à l’UCLouvain pour mener un cursus d’ingénieur civil en mathématiques appliquées. Ce passionné de technologie en est convaincu, il n’existe pas plus beau métier que celui d’ingénieur.

Passionné donc, mais réaliste aussi… « Dans notre monde capitaliste tout est basé sur le fait que c’est la technologie qui va créer de la valeur. C’est pour ça que les ingénieurs sont tellement importants : ils traduisent les progrès scientifiques en technologies qui créent le progrès. »

L’ingénieur philosophe

Parallèlement à ses études d’ingénieur, Thibauld Jongen, également passionné d’épistémologie, décroche un baccalauréat en philosophie. Pour lui, la plus belle conquête humaine, ce n’est pas le cheval mais les mathématiques : « c’est fabuleux de voir que l’esprit humain, par pure déduction, est parvenu à développer les mathématiques. Le soir, pour me relaxer, je lis des bouquins de mathématiques. Je trouve merveilleux qu’une pure construction de l’esprit humain puisse faire des déductions implacablement logiques. Contrairement à la science hypothetico-déductive – on projette sur le monde des modèles du monde et on essaie de voir si le modèle extrapolé correspond à ce qu’on mesure – les mathématiques sont toujours vraies. Et beaucoup de théorèmes ou de démonstrations arrivent sur la table tout faits. Or ces démonstrations sont le fruit d’une multitude d’erreurs. Cette démarche intellectuelle de recherche est profondément intéressante. C’est ce qui m’a poussé à prendre le cheminement parallèle de la philosophie : prendre du recul par rapport à mes certitudes mathématiques. » La passion, encore…

Notre invité quitte l’université en 1993. Après deux courts perfectionnements à la Delft University of Technology et au von Karman Institute, il rejoint la célèbre École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) où il mène un doctorat en dynamique des fluides, plus précisément en simulations numérique et modélisation de la turbulences : « il n’y a rien de plus beau qu’un tourbillon, un vortex. C’est d’une complexité. En mathématiques appliquées, j’ai plutôt travaillé sur les calculs numériques. Créer un vortex soi-même sur un ordinateur a quelque chose de divin. » La passion, toujours.

Tout naturellement, le frais diplômé s’oriente vers une carrière académique. « Puis je me suis dit que j’aimais réaliser des choses concrètes en équipe. Le problème de l’académique est son individualisme. Il faut que son nom soit bien mis dans les publications pour pouvoir monter en grade… Je préfère les succès collectifs qu’individuels. J’ai alors discuté avec mon professeur de l’EPFL, Michel Deville (qui avait aussi été prof à l’UCLouvain), qui m’a dit : ‘si tu aimes bien les fluides, va chez Unilever, c’est incroyable ce qu’ils développent en recherche’. Ce conseil m’a évidemment surpris. Je me suis fait engager comme chercheur dans cette multinationale. Ça a été fascinant, en termes de sciences et de technologie. Unilever vend de l’eau structurée. Des produits contenant 95 ou 98% d’eau, mais qui se vendent cent fois plus cher que l’eau. Ce sont des émulsions, des crèmes, des mousses. En termes de mécanique des fluides, c’est incroyable. Avec des transferts de masses et de chaleur, les propriétés matérielles changent. A mesure qu’on travaille ces produits biologiques, les chaînes moléculaires s’allongent et se complexifient. De plus, il s’agit de plusieurs fluides les uns dans les autres, par exemple de l’huile dans de l’eau dans de l’huile… Tout est possible parce qu’on ne connaît pas là où on va. Contrairement à l’aéronautique où tout est déjà cartographié, on essaie d’améliorer dans un cadre extrêmement rigide. Deux mondes complétement différents. De plus les sociétés comme Unilever ont des moyens gigantesques. 6000 chercheurs tous dotés d’un doctorat, partout dans le monde. J’ai pris mon pied en travaillant sur comment faire de la mayonnaise, de la sauce tomate, comment cuire une baguette de pain en trente secondes à partir du produit congelé… Et avec des croûtes différentes selon le marché visé… Tout ça à partir de modèles mathématiques. » La passion qu’on disait…

De la mayonnaise au banc d’essai aéronautique

L’engouement pour l’aéronautique finit quand même par gagner, et Thibauld Jongen rejoint Techspace Aero, l’actuel Safran Aero Boosters, où il devient après quelques années responsable de la business unit Ingénierie – Banc d’essais. Il y apprend beaucoup : « nous menions des projets d’ingénierie complets et livrions clé sur porte des bancs d’essais, de véritables cathédrales de plus de cent mètres de long. Safran Aero Boosters est une très belle entreprise en termes de développements humains, en connaissance technique, en processus. Une superbe école. »

Puis arrive en 2016 l’appel de Sabca, à la recherche d’un nouveau directeur général… « Je ne connaissais pas bien l’entreprise, qui était assez discrète. Mais dès mon premier passage dans la société, j’en suis tombé amoureux. Depuis 2016, je m’amuse tous les jours, même si ce n’est pas toujours facile. Il a fallu mener une refonte complète de Sabca, qui restait un peu coincée sur les années 80 en termes de mentalité, de relation clients, de qualité, de vision… Nous sommes toujours en cours d’évolution » révèle son CEO.  

Mais comment mener une telle évolution ? La réponse fuse : « avec authenticité et passion. . Je ne suis pas quelqu’un qui lit des bouquins de management ou qui a un passé de consultant. Je viens avec mon feeling, et suis toujours transparent. Le personnel et les clients le sentent : je sais de quoi je parle et j’aime ce que je fais. »

Le nouveau patron commence par réformer l’organisation et la culture. Ce qui n’est pas évident dans une société qui a fêté son centenaire il y a deux ans. La plus ancienne entreprise de l’aéronautique belge est également la plus vieille du monde derrière Boeing. Du moins parmi celles qui n’ont pas changé de nom – Dassault et Fokker par exemple sont plus anciennes, mais ne se sont pas toujours appelées ainsi.

Sabca retrouve petit à petit des couleurs, même si des contrats « historiques » comme Ariane 5 et le A380 se sont terminés. D’où une forme de crise existentielle. Que faire ? Les nouveaux axes sont définis sur une base solide.

Trois métiers. Enfin quatre...

« Historiquement, Sabca a trois métiers reprend Thibauld Jongen. Tout d’abord la conception et la fabrication de sous-ensembles d’aérostructures pour des avions ou des fusées ; ensuite la conception des actuateurs, soit les muscles qui font bouger les parties mobiles de l’avion ; ce sont aussi les TVC – trust vector control systems – qui permettent de diriger une fusée évidemment dépourvue d’ailes en changeant la direction d’échappement des gaz, en jouant sur les cônes d’éjection du moteur. C’est notre métier de base dans le spatial. » A ces deux métiers de base s’ajoute le troisième métier historique : la maintenance et la réparation des avions, principalement les avions militaires. Le site de Charleroi est un des plus grands du monde pour la réparation des F16.

Surtout, l’entreprise a récemment ajouté une nouvelle corde à son arc : « les systèmes complets de drones civils pour grands acteurs industriels qui n’y connaissent rien en aéronautique mais ont besoin de solutions de qualité. Ce sont des missions dangereuses (sans visibilité, au-dessus de sites dangereux, de villes…). Sabca intervient comme maître d’œuvre, comme fournisseur d’une solution complète. Ce métier est en plein développement chez Sabca, avec quelques belle ‘premières’ européennes : nous avons été les premiers à obtenir l’autorisation de survoler avec un drone la ville d’Anvers, nous venons d’obtenir des couloirs aériens qui nous sont entièrement dédiés, nous assurons par drones la surveillance de champs d’éoliennes… C’est par notre crédibilité que nous obtenons des pouvoirs publics ces autorisations. » Cet axe de développement est primordial.

Thibauld Jongen met l’accent sur la sécurité : « si un drone est mal protégé, il est possible que des personnes malintentionnées en prennent le contrôle à distance. Il est naïf de croire que des drones vont envahir l’espace. Nous allons vers une régulation. Prenons la voiture… Il y a un peu plus de cent ans maintenant, il y avait très peu de voitures et il suffisait de s’installer au volant et de conduire. Puis le nombre de voitures a augmenté, et les premiers accidents se sont produits. Moralité, on a édicté des règles : permis de conduire, assurance obligatoire, contrôle technique… Les drones suivront le même chemin. Ils sont un important vecteur de développement, mais pas n’importe comment. Aujourd’hui, c’est encore un peu le far-west. Sabca détient les connaissances et la vision industrielle pour devenir un acteur important du secteur. Même si on ne sait pas exactement vers où ce secteur évolue. »

Changement d’actionnariat

Sabca était participé par Dassault depuis plus de cinquante ans, quand la Belgique a acheté le Mirage F5. « Dassault était un actionnaire visionnaire, patient et compréhensif. Mais Sabca n’a jamais été un actif stratégique pour Dassault. Ces actifs stratégiques se trouvent en France ou dans les pays qui achètent beaucoup d’avions (USA, Moyen-Orient). Pas en Belgique. » Alors, quand la Belgique choisit le F35, Dassault a « très logiquement » décidé de se séparer de Sabca. A présent, l’actionnariat est partagé entre le fédéral à travers son fonds d’investissement souverain, la SFPI. Ce qui garantit une vision à long terme, et qui rassure les clients. L’autre moitié, plus une action, est détenue par un investisseur privé, Stéphane Burton, un entrepreneur qui sait prendre des risques dans une vision entrepreneuriale, ce qui est également for apprécié par les clients. On peut donc dire que cet actionnariat, qui se traduit dans le Groupe Orizio détenant à 100% les parts de Sabca ainsi que celles de Sabena Engineering, est la meilleure combinaison que nous pouvions trouver – qui plus est 100% belge...

Le jeu est clair : « nos deux actionnaires ont besoin d’un retour financier. Nous sommes là pour créer de la valeur pour la Belgique. Ce qui ne signifie pas garder à tout prix l’emploi en Belgique. La nuance est importante. Je suis convaincu qu’il faut garder des jobs industriels en Belgique, et plus largement en Europe. Si nous n’avons plus que des services, c’est très dangereux parce que n’avons plus de monnaie d’échange. C’est pour ça que dans la vision de Sabca, la création de valeur en Belgique est primordiale. Mais nous venons d’inaugurer une nouvelle usine au Maroc, où nous effectuons l’assemblage complet du Pilatus PC-12. C’est une marque de confiance de nos clients. Cet assemblage complet nous ramène dans le passé : Sabca a été créée pour l’assemblage d’avions complets pour le compte de la Belgique. Notre usine au Maroc nous permet d’être beaucoup plus compétitifs. Et les nouveaux marchés que nous allons gagner vont profiter à la Belgique, et qui vont créer de l’emploi en Belgique, mais pas les mêmes qu’avant : des emplois d’engineering, d’innovation, de conception, de fabrication de pièces compliquées… Tous nos deux cent cinquante ingénieurs sont en Belgique » explique notre invité.

Le but est toutefois de ramener les lignes de production en Belgique, mais entièrement automatisées. « Nous venons de développer une nouvelle technologie au niveau spatial qui sont des actuateurs où il n’y a plus d’huile, plus de fluides, détaille Thibauld Jongen. Tout est électrique. Cette technologie est moins complexe, offre une maintenance et un contrôle plus faciles, présente un poids moins important, et se situe en lien direct avec l’avion tout électrique et d’autres programmes. Nous avons convaincu Airbus d’utiliser cette technologie sur ses avions. C’est un moyen pour Airbus de maturer la technologie et de mieux la comprendre. Et si cela fonctionne bien, elle sera plus largement déployée dans les futurs Airbus. Et Sabca sera aux premières loges. »  

« Structuracteur » et chirurgie esthétique

Sabca devient un vrai équipementier, et pas seulement un concepteur d’aérostructures. « C’est fondamental. Nous avons beaucoup de concurrents dans l’aérostructure et dans les actuateurs… Mais nous sommes les seuls au monde à pouvoir faire les deux à la fois. Le potentiel est gigantesque : on peut commencer à créer des systèmes qui intègrent dès la planche à dessins l’actuateur dans l’aérostructure. C’est le concept de 'structuracteur', une marque que nous avons déposée. Airbus est de plus en plus intéressé. Pourquoi ? Sabca est un concepteur-fabricant. Nous maîtrisons la technologie et nous sommes le plus haut possible dans la chaîne de valeur, ce qui est important. De plus, c’est une reconnaissance du savoir-faire belge en ingénierie. Je souligne que la qualité de la formation en Belgique est particulièrement élevée. Ce que j’ai remarqué en travaillant avec des ingénieurs formés un peu partout dans le monde » explique notre invité. Qui développe une analogie avec le corps humain : « Avec nos compétences en aérostructure, nous sommes capables de construire les os, le squelette. Des pièces métalliques, fortes, qui doivent résister à énormément de charges et de vibrations. Nous faisons également les composites, un peu la peau humaine, qui sépare l’intérieur de l’extérieur. Le composite pour des surfaces d’ailes. Sabca s’occupe aussi des muscles : les actuateurs, ce sont les muscles. Sur une fusée, nos actuateurs sont les seules pièces qui bougent. Et les nerfs également, puisque nous assurons le câblage. Ce n’est pas tout… Nous gérons aussi le système nerveux, le système lymphatique, en d’autres termes le cerveau primaire qui gère les fonctions de base. Parce que dans nos actuateurs, nous assurons également la partie informatique, tous les softwares en produisant nos propres microprocesseurs. On est aussi médecins, voire chirurgiens esthétiques puisque nous sommes également actifs dans la réparation d’avions. Aujourd’hui, un avionneur reçoit tous ces éléments de plusieurs fournisseurs et doit les assembler. Notre vision est de fournir directement un bras complet, par exemple. Pour l’avionneur, c’est intéressant, car cela lui permet de désengorger ses lignes d’assemblage et ainsi augmenter sa capacité de production. »

Ce principe de fournir un bras complet plutôt que des os, des muscles, des nerfs et de la peau séparément prendra du temps à s’imposer. Pour l’instant, les procédures d’achat des avionneurs, par appels d’offres, sont très segmentées. Le CEO imagine une dizaine d’années avant de voir son modèle s’imposer. En attendant, quel futur se dessine-t-il pour l’entretien de F16 à Charleroi ? Il ne s’agit évidemment pas d’une vision d’avenir… « C’est vrai, le F16 se termine en Europe, mais nous avons encore des centaines d’ailes en commande, car cet avion se vend encore très bien en Asie et en Afrique du Nord par exemple. Des versions modernes évidemment. Soyons réalistes, le F16 en tant que plate-forme à réparer est en train de s’éteindre, mais nous avons encore quelques années devant nous, car évidemment nous ne gérons pas que les avions belges, mais aussi ceux des Pays-Bas, du Danemark, des Etats-Unis (pour leurs avions stationnés en Europe). Nous n’envisageons pour le moment pas de réparer des F35. Notre modèle de garage disparaitra sans doute. Un peu comme dans l’automobile. Auparavant, un garagiste pouvait réparer n’importe quelle marque, maintenant c’est quasi impossible. Ce sont des garages-concessionnaires filiales d’une marque précise qui s’en chargent. Ou des franchisés qui doivent acheter une série de licences. Les avions militaires, bourrés d’électronique, suivent le même chemin. Pour le F35, on trouvera les garagistes chez Lockeed Martin » détaille le CEO, qui précise que la partie maintenance F16 de Sabca a été séparée de Sabca et placée dans Sabena Engineering au sein du groupe Orizio (ex-Blueberry). Sabca va donc se concentrer sur la conception et la fabrication.

Skywin et la triple hélice

Ce n’est pas une surprise, Sabca, à l’instar des autres acteurs du secteur, peine à trouver du personnel technique. « On a des dizaines de postes ouverts, regrette notre invité. C’est le problème en Belgique et même en Europe, les filières de sciences et de technologies sont asséchées, tant pour les techniciens que pour les ingénieurs. Le problème est que contrairement à des grands pays comme l’Angleterre, la France ou l’Allemagne, nous n’avons pas de filières suffisamment spécifiques. Nous devons former nous-mêmes, et ça prend quatre ou cinq ans. Toutefois, l’ULiège forme des ingénieurs en aéronautique, et c’est tant mieux. Mais nous n’avons rien de disponible pour les techniciens. »

En conclusion, Thibauld Jongen aborde le pôle Skywin… « Skywin est un acteur central qui permet de préciser un contexte, une vision, des ressources pour continuer à faire progresser le secteur. Le pôle illustre parfaitement le concept de la triple hélice : la synergie entre l’industrie, l’académique et les pouvoirs publics. Les pouvoirs publics définissent un besoin (par exemple l’achat d’avions militaires ou la participation à un programme spatial) ; ce besoin se traduit en opportunités pour l’industrie, qui se différencie par les innovations venant de l’académique. Faire travailler ces trois acteurs ensemble est une spirale très saine. » On ne le contredira pas…  

Arnaud COLLETTE

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