L’invité du mois : Etienne Pourbaix, directeur de Skywin

L'auteur de l'édito de cette newsletter est également son invité du mois. Cela peut paraître surprenant, mais l'actualité l'exige : la refonte des fondamentaux de Skywin méritait d'approfondir le sujet... Cette refonte a pris un temps certain, et a mobilisé l'ensemble des acteurs du pôle.

L'occasion, avant de développer les nouveaux axes dans l'article suivant, de revenir avec Etienne Pourbaix sur le cheminement du pôle. Et de ses grandes étapes : l'apparition et l'expansion des drones d'une part, et l'élaboration de la défense comme une filière à part entière d’autre part...

 

Skywin est apparu en 2006 dans le cadre du Plan Marshall. Les cinq puis six pôles rassemblaient déjà grandes entreprises, PME, universités, hautes écoles et centres de recherche pour mettre en œuvre des projets industriels. Si le principe demeure, il a beaucoup évolué…

Au début, le pôle était uniquement structuré autour des axes technologiques, qui définissaient la stratégie du pôle. A l’époque, le pôle était concentré sur la technologie, et sur l’internationalisation avec l’Awex. Les deux grands thèmes sur lesquels s’appuyait le pôle : les appels à projets et la gestion des projets d’une part, l’internationalisation d’autre part.

La première grande étape dans la progression du pôle a été l’exercice mené en 2013 avec l’aide d’un consultant international pour redéfinir les six axes technologiques du pôle. Pierre Sonveaux, alors président de Skywin, avait estimé avec raison que les axes commençaient à vieillir et qu’il fallait les rafraîchir.

L’aspect économique est devenu plus concret…

Effectivement… Le pôle, sans abandonner évidemment ses aspects technologiques, a clairement identifié des filières économiques. Initialement le spatial et l’aéro. Petit à petit, les drones ont pris de plus en plus d’importance. Puis on a clairement identifié la défense comme une filière particulière, alors qu’elle était auparavant inclue dans l’aéro. Donc oui, l’aspect technologique a été couplé à l’aspect économique.

Comment les drones se sont-ils imposés comme filière à part entière ?

Une filière drone n’existait simplement pas en Wallonie à la naissance de Skywin. On a vu cette réalité économique arriver, et spontanément les entreprises concernées sont venues frapper à la porte de Skywin, simplement parce que c’est ce qui leur semblait le plus naturel vu l’aspect « machines volantes ». On a vu arriver un, puis deux, puis cinq, puis une quinzaine de membres, et on a décidé d’en faire une filière à part entière. Avec un business model particulier qui justifie la filière.

Les acteurs actifs dans les drones sont souvent plus petits et moins structurés que les entreprises classiques de l’aéronautique et de l’espace. C’est une filière clairement identifiée « services », même si la technologie est loin d’en être absente et que nous dénombrons quelques fabricants de machines. De plus, il existe des contraintes juridiques et réglementaires très particulières à ce secteur. Donc une nouvelle filière s’imposait naturellement…

Et pour la défense ?

Rappelons que la défense, le militaire, a toujours concerné l’aéronautique, le spatial et même les drones. Mais une réflexion s’est imposée en partenariat avec MecaTech. On s’est rendu compte que la défense était à cheval sur les deux pôles : l’aéro chez Skywin, le « sol » chez MecaTech. Alors que, de plus en plus, on entre dans une approche de systèmes d’armes intégrés, d’un point de vue technologique en tous cas. C’est contreproductif de séparer le matériel volant du matériel au sol : le plus intelligent était de développer une approche commune.

De plus, on voit arriver dans la défense des fonds européens importants pour des projets de recherches. Des projets également globalisés. Il fallait qu’on ait cette approche globale. Les pôles Skywin et MecaTech ont ainsi décidé de travailler ensemble sur cette filière, notamment en organisant un GT (Groupe de Travail) Défense commun.

Pour revenir aux nouveaux axes de Skywin, quel a été le cheminement pour y arriver ?

Les technologies évoluent, tout comme le contexte industriel et économique mondial. Et notamment l’Europe avec une approche plus « green deal ». Les exigences du monde extérieur poussent vers des technologies plus propres. Les responsabilités environnementales deviennent prépondérantes.

La Wallonie a aussi évolué en mettant en place sa nouvelle politique S3, qui auparavant était incarnée par les pôles, mais qui maintenant se traduit de manière beaucoup plus transversales à travers les DIS (Domaines d’Innovation stratégiques).

Donc ce qui est nouveau, et positif, ce sont les revendications environnementales plus fortes d’un côté, et une nécessaire transversalité de l’autre. Auparavant, on pouvait travailler en silos dédiés à des filières économiques précises. C’est de moins en moins le cas. Par exemple, le digital est fondamentalement transversal, avec ses spécificités pour chaque domaines évidemment. La remarque vaut pour les matériaux : autrefois spécifiques, maintenant transversaux.

Cette transversalité se marque également dans les appels à projets…

Effectivement. Les trois derniers projets de Skywin labellisés par le gouvernement wallon, en juin dernier, étaient le fruit de collaborations avec d’autres pôles de compétitivité. Plus précisément deux avec MecaTech et un avec Wagralim. Nous avons des collaborations régulières avec MecaTech, Logistics in Wallonia mais aussi Wagralim pour des projets d’observation de la Terre.

L’hydrogène, étudiée dans d’autres pôles, intéresse aussi l’aéronautique…

Oui mais en tant qu’utilisateur. Nous ne sommes pas au cœur d’une filière hydrogène intégrée, nous ne créons pas de l’hydrogène, mais nous étudions la possibilité de pouvoir utiliser l’hydrogène vert dans le spatial et l’aéronautique. Et à propos d’énergie, nous avons développé un partenariat avec le cluster Tweed, avec lequel nous venons d’organiser deux événements en commun.

Pour arriver à définir les nouveaux axes de Skywin, avez-vous travaillé avec les acteurs du secteur ?

Oui. C’était une forte volonté de départ : impliquer les divers acteurs de nos domaines à travers des groupes de travail : Défense, Aéronautique, Espace (le groupe Espace est toujours en cours). Mais en plus de nos entreprises, nous avons également sondé d’autres pôles et clusters européens : ils évoluent dans les mêmes secteurs et leurs technologies sont semblables. Toutes les infos recueillies ont été traitées par le groupe industriel du comité de pilotage de Skywin avant d’être partagées pour évaluation auprès d’une vingtaine de nos membres. La méthodologie était foncièrement participative…

Arnaud COLLETTE

 

Les cinq nouveaux axes technologiques du pôle Skywin sont définis dans l’article ci-après.

 

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