Le Télescope Einstein : une priorité pour l’Europe !

Le Forum stratégique européen sur les infrastructures de recherche (Esfri) a annoncé que le projet du Télescope Einstein fera partie d’une courte liste de projets prioritaires à réaliser en Europe : https://www.esfri.eu/latest-esfri-news/new-ris-roadmap-2021.
L’Italie, les Pays-Bas, l’Espagne, la Pologne et la Belgique ont constitué la base du projet du Télescope Einstein et ont soutenu sa candidature au processus de sélection de l’Esfri. Notre pays continuera à jouer un rôle de premier plan et investit déjà dans de nombreux projets préparatoires de recherche et développement.

Pour rappel, le Télescope Einstein (TE) est une infrastructure de recherche internationale à grande échelle qui étudiera l’univers à l’aide d’ondes gravitationnelles pendant un demi-siècle. Le laboratoire sera en grande partie souterrain et comprendra un complexe de 30 km de tunnels en forme de triangle équilatéral. La technologie utilisée est novatrice et transdisciplinaire. Le projet TE suscite actuellement beaucoup d’intérêt en Europe et même au-delà, il existe actuellement des dizaines d’institutions universitaires et de laboratoires de recherche de plus de dix pays européens prêts à soutenir le projet scientifiquement, politiquement et financièrement.

Deux possibilités existent pour ce projet : soit en Sardaigne, soit dans la région du triangle frontalier (Euregio Meuse-Rhin) où se rassemblent le trio Belgique-Pays-Bas-Allemagne. Un engagement fort du gouvernement wallon peut augmenter les chances que le projet ET soit réalisé dans notre région.

Une étape très importante a été franchie avec le positionnement réussi sur la feuille de route d’Esfri. Nous travaillons en Belgique depuis le premier événement lié au Télescope Einstein, à Liège en 2018, pour mettre ce projet sur la carte universitaire, technologique et politique. Nous sommes actifs dans le domaine de la recherche sur les ondes gravitationnelles au niveau de l’analyse et de l’interprétation des données, de l’instrumentation et de la théorie. La réalisation du Télescope Einstein, en partie sur notre territoire, pourrait, outre le prestige international, donner également un élan majeur à la recherche en Wallonie et à Bruxelles. En outre, cet instrument de haute technologie sera un moteur de développement technologique et industriel dans de nombreux domaines cruciaux tels que les nouveaux matériaux, la cryogénie, la technologie du vide, l’optique quantique et la photonique, l’informatique et l’intelligence artificielle. Le projet permettra de former une nouvelle génération de scientifiques et d’ingénieurs dans le domaine des ondes gravitationnelles, et plus largement dans tous les domaines connexes, et de développer une expertise de classe mondiale.

Maintenant que nous avons l’aval de l’Europe, les pays porteurs du projet Télescope Einstein (actuellement les Pays-Bas, l’Italie, la Belgique, la Pologne et l’Espagne) devront faire un premier pas vers le préfinancement du projet. Celui-ci s’accompagnera de la publication d’un « bid book » (à négocier sur la période 2021-2024) contenant les principaux postes de coûts du projet, sur lesquels les pays et régions soumissionneront. En combinaison avec ce processus, une procédure de sélection du site sera enclenchée, dans laquelle les caractéristiques géophysiques de deux régions hôtes candidates, la Sardaigne et le triangle frontalier (Euregio Meuse-Rhin), ainsi que des facteurs socio-économiques, seront évaluées.   Ceci conduira à une décision finale sur l’emplacement du projet d’ici 2026.

Une nouvelle fenêtre sur l’univers

Le Télescope Einstein est un futur observatoire souterrain des ondes gravitationnelles. L’instrument sera beaucoup plus sensible que les détecteurs d’ondes gravitationnelles existants. Par conséquent, l’observatoire permettra pour la première fois de sonder l’univers avant l’avènement des galaxies. Les ondes gravitationnelles ont été détectées pour la première fois en 2015 et offrent une nouvelle façon d’étudier l’univers. Jusqu’à leur première détection, les scientifiques ne pouvaient étudier l’univers qu’en regardant la lumière ou le rayonnement, ou en détectant de rares neutrinos, mais avec les ondes gravitationnelles, ils peuvent observer les vibrations de l’espace-temps lui-même. Bien que l’existence des ondes gravitationnelles ait déjà été prédite par Albert Einstein il y a plus de cent ans, il ne s’attendait pas à ce qu’il soit possible de les détecter un jour. Pourtant, avec les développements technologiques du siècle dernier, les physiciens et les ingénieurs ont réussi à atteindre la sensibilité et la précision nécessaires pour les observer. Cela a ouvert une nouvelle ère dans l’étude de l’univers, l’ère des ondes gravitationnelles et de l’astronomie à messagers multiples. Le Télescope Einstein conduira à de nombreuses autres découvertes inimaginables à présent dans ce nouveau domaine de recherche.

 

Financement total requis :

  • R&D : 200 millions d'euros (investissement actuel des pays proposants : 65 millions d'euros)
  • Construction : 1,7 milliard d'euros ;
  • Frais de fonctionnement : 40 millions d'euros/an

 

Emploi estimé : 34 000 années-personnes, pendant la construction ; 1 500 emplois sur une base structurelle.

Rendement économique estimé : 3,6 euros dans l'économie locale, pour chaque euro investi.

Voir aussi : www.einsteintelescope.be, www.einsteintelescope.de, www.einsteintelescope.nl , https://et2smes.eu , www.etpathfinder.euwww.etest-emr.eu

 

Personnes de contact (ordre alphabétique) :

  • Prof. Nicolas Boulanger, UMons, Nicolas.boulanger@umons.ac.be
  • Prof. Giacomo Bruno, UCLouvain, giacomo.bruno@uclouvain.be (0478 408098)
  • Prof. Sébastien Clesse, ULB, Sebastien.Clesse@ulb.be (0477 17 79 89)
  • Prof. Christophe Collette, ULiège, Christophe.collette@uliege.be (0495 34 59 66)
  • Prof. Geoffrey Compère, ULB, Geoffrey.Compere@ulb.be (0494 161865)
  • Prof. Jean-René Cudell, ULiège, jr.cudell@uliege.be
  • Prof. André Füzfa, UNamur, andre.fuzfa@unamur.be
  • Dr. Joris van Heijningen, UCLouvain joris.vanheijningen@uclouvain.be

 

 

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